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"L’Intrication, lorsque ce qui semble séparé se reconnaît relié..."

Photo du rédacteur: Priscilla Dresden Stein
Priscilla Dresden Stein
12 août
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 oct.


Certaines notions apparaissent comme des Portes. L’Intrication en est une. Elle évoque ce qui s’entrelace, ce qui se croise, ce qui ne peut plus être considéré comme entièrement séparé. Mais lorsque l’on pousse cette notion jusqu’au bout, une question apparaît : où commence réellement ce qui est « Moi » et où s’arrête ce qui est « l’autre » ?


Nous avons appris à percevoir le Monde à travers des distinctions. Moi et l’autre. Le dedans et le dehors. Le corps et son environnement. L’individu et le collectif. Ces séparations nous permettent de nous orienter, de nommer, de différencier. Elles donnent une forme à l’expérience. Mais elles ne disent peut-être pas toute la réalité. Car rien n’existe totalement seul. Chaque Être apparaît dans un réseau de Relations. Chaque expérience est traversée par ce qui l’a précédée. Chaque Présence rencontre d’autres Présences et en modifie le mouvement. L’Intrication commence peut-être ici : dans la reconnaissance que l’existence ne se compose pas seulement d’éléments séparés, mais de Relations.


S’entrelacer

S’intriquer, c’est se croiser sans nécessairement se confondre. Deux fils restent deux fils, mais leur entrelacement crée une forme nouvelle. Il en va de même des Êtres. Nous arrivons avec nos histoires, nos mémoires, nos perceptions et nos possibles. Puis une Rencontre survient. Quelque chose se déplace. Une dimension jusque-là invisible devient perceptible. L’autre n’a pas forcément créé ce qui apparaît. Il l’a rendu visible. Certaines Rencontres possèdent ainsi cette fonction particulière : elles deviennent des Miroirs à travers lesquels nous découvrons une partie de nous-même que nous ne pouvions rencontrer seul.


L’Espace entre deux Êtres

Lorsque deux Êtres se rencontrent, il n’y a pas seulement deux réalités qui se font face. Il apparaît un espace nouveau : celui de la Relation. Cet espace n’appartient entièrement ni à l’un ni à l’autre. Il possède son propre mouvement. Une parole peut l’ouvrir. Un silence peut l’approfondir. Une Présence peut le transformer. C’est dans cet espace que quelque chose devient possible qui n’existait pas sous la même forme avant la Rencontre. La Relation n’est donc pas seulement ce qui relie deux Êtres. Elle devient une réalité à part entière.


Le Soi dans le miroir du Monde

Si nous observons plus profondément notre propre identité, nous découvrons qu’elle est elle aussi constituée de Relations. Notre langage vient de ceux qui nous ont appris à parler. Nos représentations viennent de ce que nous avons reçu. Nos manières d’aimer, de nous protéger, de faire confiance ou de nous retirer portent les traces de notre histoire. Même notre manière de nous percevoir s’est construite dans le Regard des autres. Le « Moi » n’est donc pas une création isolée. Il est une singularité façonnée au contact du Monde. Cela ne diminue en rien notre individualité. Au contraire. Notre singularité devient précisément la manière unique dont nous transformons ce qui nous traverse.


Le Corps, première frontière

Le Corps semble être notre frontière la plus évidente. Il sépare un dedans d’un dehors. Pourtant, il échange continuellement avec ce qui l’entoure. Nous respirons l’air du Monde. Nous recevons sa lumière. Nous transformons ce que nous mangeons. Notre matière se renouvelle. Notre rythme s’accorde aux cycles qui nous dépassent. La peau délimite. Mais elle permet aussi l’échange. Le Corps nous enseigne alors une première forme d’Intrication : une frontière peut protéger sans isoler.


L’Intrication avec la Nature

L’Être humain s’est souvent représenté face à la Nature, comme s’il pouvait l’observer depuis l’extérieur. Mais où commence réellement ce qui serait « la Nature » et où commence « l’humain » ? Nous sommes constitués de matière terrestre. Nous dépendons de l’eau, de l’air, de la lumière, du vivant. Les végétaux, les animaux, les micro-organismes et les éléments participent directement à notre existence. La Nature n’est donc pas ce qui nous entoure. Elle est aussi ce dont nous sommes faits. Nous ne sommes pas séparés de la Nature. Nous sommes l’une de ses formes.


L’Intrication et l’Amour

L’Amour révèle cette réalité d’une manière particulière. Lorsque nous aimons, l’autre cesse d’être seulement extérieur à nous. Sa présence entre dans notre monde intérieur. Elle devient une expérience, une mémoire, une attente, parfois même une nouvelle manière de percevoir. Mais l’Amour véritable ne consiste pas à posséder ce qui nous touche. Il permet au contraire de reconnaître l’autre dans son altérité. Je peux être profondément relié sans confondre l’autre avec moi. Je peux accueillir sa Présence sans chercher à la retenir. L’Amour devient alors l’une des expressions les plus fines de l’Intrication : être relié sans abolir la singularité.


Lorsque la Relation transforme

Toute Relation significative laisse une trace. Pas nécessairement parce qu’elle dure, mais parce qu’elle a déplacé quelque chose. Une Rencontre peut modifier une croyance. Une parole peut ouvrir une possibilité. Une Présence peut nous faire découvrir une force que nous ignorions. Certaines personnes traversent notre existence et repartent. Pourtant, quelque chose demeure. Non pas nécessairement l’autre lui-même, mais ce que nous sommes devenus à travers cette Rencontre. La Relation ne nous ajoute pas toujours quelque chose. Parfois, elle nous révèle.


L’Intrication et la Conscience

Être relié est une chose. En prendre Conscience en est une autre. Lorsque nous commençons à percevoir l’influence réciproque des Présences, notre manière d’être au Monde change. Nous devenons attentifs à ce que nous introduisons dans une Relation. Une parole peut fermer ou ouvrir. Un Regard peut réduire ou reconnaître. Une Présence peut créer de la tension ou offrir de l’espace. La Conscience découvre alors qu’elle n’est pas seulement intérieure. Elle se manifeste aussi dans la manière dont nous entrons en Relation avec ce qui nous entoure. Être conscient, c’est aussi devenir conscient de ce que notre Présence produit.


La Frontière entre « Moi » et « l’autre »

Plus nous avançons, plus une question demeure. Si l’autre me transforme, si le Monde me façonne, si la Nature me constitue, alors où se trouve exactement la frontière du « Moi » ? Elle existe. Mais elle n’est peut-être pas aussi absolue que nous l’imaginons. Une frontière peut être une limite. Elle peut aussi être un seuil. Et un seuil n’est pas un mur. Il sépare deux espaces tout en permettant leur Rencontre. Peut-être que l’individuation véritable ne consiste pas à devenir indépendant de tout, mais à devenir suffisamment Soi pour pouvoir être relié sans se perdre.


Qui rencontre qui ?

Lorsque je rencontre l’autre : qui rencontre qui ?Lorsque quelque chose en moi est profondément touché : qu’est-ce qui vient réellement d’être rencontré ? Lorsque deux Êtres se reconnaissent dans un Silence : qu’est-ce qui circule entre eux ? Ces questions nous conduisent vers un endroit où les réponses deviennent moins importantes que l’expérience elle-même. Il reste la Présence. Le Regard. Le Corps. Le silence. La Relation. Quelque chose se reconnaît sans toujours pouvoir être nommé.


L’Intrication ultime

Si nous poussons encore la réflexion, l’Intrication ne concerne plus seulement les Relations entre les Êtres. Elle devient une manière de comprendre l’Existence elle-même. Aucune forme n’apparaît seule. Chaque réalité est le résultat d’une multitude de conditions, de rencontres, de transformations et de transmissions. Nous sommes le résultat de ce qui nous a précédés. Et ce que nous sommes participe à ce qui adviendra ensuite. Nous recevons. Nous transformons. Nous transmettons. L’existence devient alors moins une collection d’éléments qu’un mouvement continu de Relations. Rien n’est entièrement isolé. Tout participe.


Le Retour à l’Unité

Nous avons besoin de la séparation pour nous reconnaître. Nous avons besoin de l’altérité pour rencontrer. Nous avons besoin de frontières pour exister. Mais lorsque la Conscience s’approfondit, ces frontières deviennent plus transparentes. L’Unité ne signifie pas que tout devient identique. Elle signifie que les différences peuvent exister sans être vécues comme une rupture. Chaque Être possède sa forme. Chaque Conscience possède son histoire. Chaque Chemin possède sa singularité. Et pourtant, derrière cette multiplicité, quelque chose relie. Peut-être est-ce cela que l’Intrication vient nous rappeler: nous ne sommes pas des Êtres séparés qui cherchent à créer du lien. Nous sommes des Êtres reliés qui font l’expérience de la séparation. Alors il ne s’agit plus seulement de demander: « Qui suis-je ? » Mais :« Que devient mon Être lorsque je reconnais que rien de ce qui me constitue n’existe entièrement seul ? » Une manière unique pour l’Existence de faire l’expérience d’elle-même. L’Intrication ne serait donc pas seulement le fait d’être relié. Elle serait la reconnaissance d’une réalité plus profonde: ce qui semble séparé participe déjà au même mouvement. Et peut-être qu’au cœur de cette compréhension demeure une simplicité essentielle : Deux Êtres se rencontrent. Deux Mondes se croisent. Une Relation apparaît. La Conscience s’élargit. Et dans cet espace entre deux formes, quelque chose de plus vaste se révèle.


Nous sommes distincts. Nous sommes reliés. La véritable profondeur de l’Être se trouve précisément dans cet entre-deux.


Priscilla Dresden STEIN

Thérapeute Énergéticienne · Accompagnante pédagogique


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